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Tout ce qu’il faut savoir sur les mythomanes

Vous souvenez-vous de cette amie d’enfance qui vous racontait les aventures les plus incroyables à chaque fois que vous la revoyiez ? Ou de ce collègue dont les récits abracadabrants vous laissaient perplexe ? Si ces personnages semblaient sortis tout droit d’un roman, vous étiez peut-être face à un cas de mythomanie sans le savoir. Oui, ce trouble méconnu est pourtant bien réel et plus répandu qu’on ne le croit ! D’après les spécialistes, près d’un pour cent de la population en souffrirait. Alors qu’est-ce qui différencie vraiment un mythomane d’un simple menteur ? Dans les lignes qui suivent, nous allons lever le voile sur les mystères de cette pathologie insidieuse. Et vous donner les clés pour la débusquer au plus vite, avant qu’elle ne fasse trop de dégâts…

 

Comprendre les rouages de la mythomanie

Commençons par les bases. La mythomanie, aussi appelée « pseudologie fantastique », désigne cette fâcheuse tendance à mentir de manière compulsive et récurrente. Mais pas n’importe quels mensonges ! Les mythomanes sont de véritables artistes en la matière, érigeant des fictions d’une incroyable complexité autour d’eux. Des personnages hauts en couleur, des rebondissements rocambolesques… Ils n’hésitent pas à broder les détails les plus improbables pour donner une aura de vérité à leurs élucubrations.

Seulement voilà, derrière ces mensonges démentiels se cachent souvent des causes bien plus profondes. Un désir d’attention criant, une estime de soi en lambeaux, ou les séquelles d’un traumatisme passé… Autant de blessures qui poussent ces âmes torturées à fuir la réalité. Contrairement aux menteurs ordinaires en quête d’un profit, les mythomanes mentent d’abord dans le but de se reconstruire une existence fantasmée.

Bien que très proches, il ne faut d’ailleurs pas confondre ce trouble avec la « pathologie du mensonge ». Cette dernière implique des mensonges purement malveillants ou intéressés, sans cette part de théâtralité si caractéristique.

 

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Les signaux d’alarme à repérer

Mais alors, comment déceler la présence d’un mythomane dans votre entourage ? Première chose à surveiller : ces récits d’une richesse et d’une précision hallucinantes. Nos compères menteurs ne lésinent jamais sur les détails éblouissants pour vous embarquer dans leurs fictions. Qu’importe si cela les amène à changer de version au gré des contradictions relevées ! L’absence de remords et de culpabilité fait également partie des marqueurs typiques.

Ensuite, prêtez une oreille attentive à leur discours. Les mythomanes sont de redoutables manipulateurs, usant de récits larmoyants ou d’exploits sensationnels pour capter votre compassion ou votre admiration. Un procédé qui, souvent, cache mal leur soif d’attention…

Mais les indices les plus précieux se logent peut-être dans leur langage corporel. Leurs yeux qui papillonnent ou évitent votre regard. Ces micro-expressions faciales trahissant le malaise, comme un rictus furtif ou un froncement de sourcil. Sans oublier les gestes paradoxaux, en totale incohérence avec leurs propos. Autant de signaux d’alarme qui devraient vous mettre la puce à l’oreille !

 

Les conséquences néfastes de la mythomanie

Au-delà du simple mensonge, la mythomanie engendre des ravages autrement plus profonds et durables. Tout commence par une lente érosion de la confiance au sein des relations interpersonnelles. Comment accorder du crédit à quelqu’un qui vous rebat les oreilles de fictions improbables ? Cette perpétuelle incertitude, mêlée à l’impression d’être pris pour un dindon de la farce, alimente conflits et ressentiments.

Pire encore, le mythomane en vient souvent à s’isoler socialement, ses proches lassés finissant par le fuir. Un cercle vicieux s’installe alors, la solitude confortant ce besoin de combler le vide par toujours plus de mensonges. Enfermé dans sa réalité factice, le mythomane voit sa santé mentale se dégrader. Angoisse, dépression, voire un profond sentiment de culpabilité peuvent alors s’immiscer dans son quotidien.

Mais les répercussions de ce trouble dépassent la sphère privée. Sur le plan professionnel, difficile en effet de conserver un emploi quand la crédibilité est aussi entamée. Le mythomane peine à inspirer confiance à ses collègues ou supérieurs, happé qu’il est par ses chimères. Un lourd sentiment d’imposture peut alors miner son quotidien au bureau. Socialement, cette perte de crédibilité représente un véritable handicap pour se construire une vie épanouie.

 

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Aider un mythomane : Vers une guérison possible

Mais n’allez pas croire que la mythomanie est une fatalité ! Souffrir de ce trouble n’a rien d’une condamnation à vie. Bien que complexe, une prise en charge adéquate permet d’endiguer ce cercle vicieux en dénouant ses nœuds psychiques un à un.

La première étape consiste à consulter des professionnels qualifiés, car rien ne vaut un suivi thérapeutique pour espérer se défaire de ces schémas déviants. Plusieurs approches existent, chacune ciblant des aspects du trouble :

  • La thérapie cognitivo-comportementale pour remettre à plat les croyances irrationnelles et les comportements pathologiques
  • La psychanalyse ou thérapie psychodynamique pour explorer les racines profondes, souvent enfouies dans l’inconscient
  • Les groupes de parole pour briser l’isolement et partager avec d’autres patients

Mais rien ne sera possible sans l’indispensable soutien des proches. Famille, amis, compagnon… Leur patience et leur écoute bienveillante seront de précieux atouts pour cheminer vers la guérison. Brisez la glace, déculpabilisez votre mythomane si le cœur vous en dit ! Sa route sera déjà bien assez semée d’embûches.

 

Vers une compréhension et une approche empathique de la mythomanie

Derrière ces discours alambiqués se cachent pourtant bien souvent des âmes torturées, en proie à leurs propres démons. Alors n’ayons pas la cruauté de les juger hâtivement ou de les ostraciser sans autre forme de procès. La stigmatisation et le rejet ne feraient qu’enfoncer davantage le mythomane dans ses ornières.

Prônons plutôt l’empathie et la compréhension. Essayons de saisir ces fragilités, ces manques qui se terrent derrière les mensonges. D’adopter une écoute bienveillante, sans condescendance, pour enfin permettre à ces êtres d’affronter leurs vérités. Car n’est-ce pas la voie royale pour les aider à réintégrer le droit chemin ?

Bien sûr, cet appel à la mansuétude n’exclut en rien la nécessité de sensibiliser davantage la population aux ressorts de la mythomanie. Mieux informés, nous saurions tous comment réagir à ces comportements sans les cautionner aveuglément, mais avec toute la nuance requise. Le combat contre ce trouble complexe ne fait que commencer !

 

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Le mensonge ne fait pas le bonheur

Vous l’aurez compris, la mythomanie est loin d’être un simple trait de caractère anodin. Derrière ces récits chimériques se cachent les affres d’un trouble psychologique au potentiel destructeur redoutable. Que ce soit sur le plan relationnel, mental ou social, ses ravages s’étalent au grand jour.

Mais rien n’est joué d’avance ! En reconnaissant les signaux d’alarme et en sollicitant l’aide de professionnels compétents, il est tout à fait possible de démêler ces insidieux fils de mensonges. Un chemin certes ardu, mais qui mène vers une renaissance, l’opportunité de se réconcilier avec son authenticité.

Alors, n’ayons crainte, tendons l’oreille aux murmures de nos fragilités. Et offrons toute notre compassion à ces âmes égarées, car la vérité finit toujours par éclater au grand jour. Guidons-les, avec bienveillance, mais fermeté, sur les sentiers escarpés, mais ô combien libérateurs de la guérison. Le bonheur véritable n’a que faire des masques et des faux-semblants !

niaina
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