Après les affres de la pandémie qui ont mis à genoux son secteur touristique, Madagascar pensait enfin renouer avec l’affluence des visiteurs étrangers. La reprise enclenchée dès 2023 autorisait en effet un optimisme prudent pour la haute saison touristique 2024. Mais à quelques mois de ce rendez-vous crucial, le constat refroidit les ardeurs : le manque criant d’infrastructures de transport risque bien de tuer dans l’œuf cette embellie. Face aux défis logistiques colossaux – ciel aérien déserté, routes dévastées -, les solutions se font rares et le temps presse pour offrir un accueil digne à ces rangs de globe-trotteurs tant espérés !

 

Handicaps logistiques : La quadrature du cercle

Car au rayon des défis à relever d’urgence pour sauver la saison touristique 2024, la liste est aussi longue que préoccupante. Moyen le plus rapide pour rallier l’île depuis l’extérieur, l’avion fait d’emblée tache avec le piètre état du pavillon aérien national. Avec seulement deux appareils pour assurer la desserte des onze principaux aéroports, la compagnie Madagascar Airlines affiche en effet une offre des plus réduites, avec son corollaire immédiat : des tarifs parmi les plus prohibitifs au monde.

Sur les routes en revanche, le constat confine à la catastrophe. Que ce soit les grands axes de la RN2 à la RN7, un même dénominateur commun : un délabrement abyssal hérité des années de négligence chronique. Des voies de circulation désormais impraticables par endroits pour les visiteurs comme les locaux.

À trois mois du coup d’envoi de la haute saison 2024, difficile dans ces conditions de songer à des rénovations d’envergure sur le peu de temps restant. Les jeux semblent donc d’ores et déjà joués, n’est-ce pas ?

 

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L’ouverture des cieux : Le remède miracle ?

Sauf à envisager une solution de rupture, apparemment la seule praticable sur le court terme : l’ouverture des compagnies étrangères aux vols locaux. Une perspective que des acteurs du tourisme à Madagascar doivent étudier avec un grand sérieux.

Les bénéfices immédiats d’une telle libéralisation des airs seraient en effet indéniables. Doper l’offre de vols intérieurs assurerait d’un coup une pluralité de dessertes directes… et surtout une concurrence sur les prix bienvenue pour les voyageurs. Exit les tarifs rédhibitoires de la compagnie nationale, soumise à la pression salvatrice du marché.

Pour autant, cette perspective, aussi séduisante soit-elle, demeure un sujet de fortes tensions. La survie même de Madagascar Airlines, jadis fleuron économique national, pourrait être en jeu si la libéralisation venait à déboucher sur son remplacement pur et simple. Visiter Madagascar à moindre coût : mais à quel prix pour le pays ?

 

La solution intégrée, la piste de l’avenir ?

Mais une autre voie semble également se dessiner pour tirer la saison touristique 2024 du bourbier : le développement massif de resorts hôteliers intégrés, sur le modèle des clubs de vacances tout compris.

Une formule qui pourrait bien faire mouche auprès des nouveaux voyageurs en quête de dépaysement « clés en main ». Sur une île réputée pour ses paysages préservés et sa richesse naturelle, l’opportunité de grands complexes offrant un séjour à 360° semble en effet séduisante.

Mais encore faudra-t-il convaincre les investisseurs de se lancer dans cette ambitieuse mutation du tourisme à Madagascar. Entre les défis de financement, l’accès facilité aux terrains constructibles et la reconversion de certains sites, le chemin à parcourir s’annonce ardu.

Quoi qu’il en soit, ces complexes hôteliers dernier cri répondraient à une tendance forte de l’industrie mondiale : l’engouement pour les voyages à Madagascar tout compris, sécurisés, où le client délègue tous les soucis pratiques. La panacée pour offrir un avant-goût de paradis à portée de porte ?

 

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Répondre aux attentes du tourisme moderne : Unique salut pour Madagascar ?

L’équation ne manque pas de sel : s’adapter en urgence aux nouvelles donnes du tourisme mondial ou bien renoncer à profiter de la manne des voyageurs internationaux. À quelques mois de la cruciale saison 2024, c’est bien ce défi de taille qui attend Madagascar.

Une épreuve de vérité qui opposera l’aigreur des difficultés logistiques et des pesanteurs conservatrices à l’audace visionnaire d’une offre résolument moderne. Mais dans ce bras de fer à suspense, une certitude demeure : celle que l’île des merveilles n’a d’autres choix que de se réinventer pour continuer d’enchanter ses visiteurs.

???? Retlaw Snellac Photography

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