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Madagascar

Tarifs des transports aériens à Madagascar : Des prix exorbitants et injustifiés

Les tarifs des billets d’avion pour les vols domestiques à Madagascar ont récemment grimpé de façon spectaculaire. Emprunter la liaison Antananarivo – Nosy Be ou Tuléar-Tana vous coûtera désormais la coquette somme de 1 100 000 ariary, soit près de 275 euros ! Des montants exorbitants qui font tousser quand on les compare aux salaires locaux. À Madagascar, un travailleur au SMIC touche… 50 euros mensuels. Difficile dans ces conditions d’envisager sereinement un déplacement par la voie des airs sur la Grande Île.

Ce décrochage tarifaire interroge, d’autant que dans nombre de pays développés, les tarifs des vols intérieurs restent très abordables pour la majorité des ménages. Décryptage de cette aberration économique qui fait de l’île Rouge une exception peu enviable.

 

Une flambée de prix injustifiée pour les Malgaches

Officiellement, la compagnie nationale Madagascar Airlines justifie cette envolée par une hausse récente des taxes aéroportuaires. Rengaine déjà bien connue des compagnies pour répercuter chaque surcoût sur le portefeuille des clients… Sauf que cette fois, les montants atteints défient l’entendement !

Certaines de ces taxes ont effectivement augmenté ces derniers mois (la redevance de sûreté par exemple). Mais dans des proportions qui n’expliquent en rien des tarifs de billets d’avion intérieurs allant jusqu’à quadrupler par endroits ! Un billet Antananarivo-Majunga dépassant les 800 000 ariary, soit près de 200€… L’équivalent d’un Paris-New York en somme.

Un pouvoir d’achat très limité pour la majorité de la population malgache qui se retrouve donc de facto privée d’un accès équitable aux transports aériens nationaux. Insoutenable pour un service public.

 

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Une distorsion flagrante avec les standards internationaux

Mais le phénomène le plus frappant dans cet imbroglio tarifaire réside dans la distorsion abyssale avec les prix pratiqués dans d’autres pays pour des vols domestiques de distances similaires. La palme revient aux Américains qui peuvent s’envoler entre Washington et New York pour… 109 dollars (environ 100 euros). Presque 1000 fois moins cher que le tarif du billet Tuléar – Tana sur une distance équivalente !

Même dans l’Hexagone où le pouvoir d’achat moyen reste supérieur, un Paris-Marseille ne dépassera que rarement les 100 euros. Une aberration économique qui laisse pantois quand on la confronte aux tarifs des billets d’avion intérieurs pratiqués entre les principales villes malgaches. Quelles logiques de marché ou de positionnement peuvent bien justifier de tels écarts ? Le mystère demeure…

Inutile de multiplier les exemples, la conclusion s’impose : Madagascar fait désormais cavalier seul dans la course aux tarifs aériens intérieurs les plus exorbitants de la planète ! Une situation d’exception qui appelle des mesures urgentes des autorités pour remettre un peu de raison dans ce secteur déréglé.

 

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Une gestion opaque et des soupçons de malversations ?

Face à cette scandaleuse escalade tarifaire, une piste d’explication mérite d’être creusée : le pouvoir de marché quasi monopolistique de la compagnie nationale Madagascar Airlines. Mais au-delà de cette position dominante, c’est la gestion même de la compagnie qui soulève de lourds soupçons.

Manque de transparence budgétaire, procédures opaques, recrutements douteux… Les pratiques de la compagnie aérienne publique interrogent. Certaines voix s’élèvent même pour dénoncer d’éventuelles malversations en coulisses ! Une gouvernance aux abonnés absents qui alimente les spéculations les plus folles.

Dans ce climat délétère où la corruption semble avoir prospéré en toute impunité à Madagascar, l’augmentation drastique des tarifs des billets d’avion pourrait bien n’être que la partie émergée de l’iceberg. La population n’aurait alors d’autre choix que d’éponger la facture d’années de gabegie et de mauvaise gestion dans l’unique compagnie aérienne nationale.

Une situation intenable qui appelle une réforme en profondeur ! Remettre de l’ordre, de la transparence, et surtout briser ce monopole permettrait sans nul doute d’assainir durablement le secteur.

 

Un frein au développement économique et social

Au-delà du préjudice financier pour les ménages malgaches, ce décrochage effréné des tarifs des billets d’avion intérieurs constitue un boulet pour le développement économique et social du pays. Comment envisager sereinement la mobilité des personnes et des biens quand les vols reliant les principales villes s’apparentent à un luxe réservé aux privilégiés ?

L’impact se chiffre déjà sur le tourisme intérieur, secteur clé pour Madagascar. Les opérateurs peinent à convaincre les visiteurs d’arpenter les régions reculées, faute de tarifs de vols domestiques accessibles. Un manque à gagner qui prive ces territoires d’une manne économique vitale.

La libre circulation, droit fondamental garanti par la Constitution, se trouve également menacée. Les familles éloignées se retrouvent entravées dans leurs déplacements, entravant par la même occasion les échanges humains et culturels si essentiels au lien national. Une dérive qui ne saurait perdurer.

 

Régulez ce chaos aérien devenu insoutenable pour les Malgaches !

Qu’on ne s’y trompe pas : l’envolée actuelle des tarifs des billets d’avion sur le réseau domestique malgache n’a rien d’une fatalité ! Elle résulte bel et bien de décisions tarifaires ubuesques, aux impacts économiques et sociaux dévastateurs pour la population locale.

Face à ce vice manifeste, l’intervention des autorités nationales et d’éventuels régulateurs devient indispensable. Il en va de la réinstauration d’une équité d’accès au transport aérien intérieur, un service essentiel dont chaque Malgache doit pouvoir bénéficier à un coût raisonnable.

Plus que des mesures ponctuelles, Madagascar a besoin d’un plan d’action d’envergure et d’une régulation musclée pour démocratiser durablement l’accès à ces tarifs de vols domestiques totalement déconnectés des réalités du terrain. Le décollage n’attend plus que la volonté politique !

niaina
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