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Madagascar

Dreadlocks et les chrétiens malgaches : Jusqu’à quand l’intolérance ?

Les Malgaches – du moins la plupart – sont de fervents chrétiens. On commence à remarque dans les temples et églises des personnes portant des dreadlocks. Pourtant, depuis des siècles, les croyances religieuses ont souvent été sources de jugements et de discriminations envers ceux considérés comme « différents ». Aujourd’hui, cette controverse ébranle les fondements mêmes de tolérance prônés par la foi chrétienne à Madagascar. Plongée au cœur d’un débat brûlant qui met à rude épreuve l’ouverture d’esprit des fidèles.

 

La symbolique sacrée des dreadlocks à travers les âges

Loin d’être une simple tendance capillaire, les dreadlocks puisent leurs racines dans une tradition séculaire qui a traversé les époques et les cultures. Bien avant que le christianisme ne s’enracine à Madagascar, cette coiffure singulière revêtait déjà une dimension spirituelle pour de nombreux peuples. Des Rastafaris jamaïcains aux ascètes hindous en passant par les tribus maories, les dreadlocks symbolisaient un lien puissant avec les forces de la nature et le divin.

Cette valeur sacrée prend d’ailleurs tout son sens dans l’île des Merveilles. Arborées par les Malgaches depuis la nuit des temps, ces tresses serpentines incarnent une connexion profonde avec les esprits vénérés des ancêtres. Un héritage chargé de spiritualité qui entre aujourd’hui en conflit direct avec les préceptes des chrétiens malgaches.

 

L’interprétation controversée des textes bibliques par les chrétiens malgaches

Au cœur de la discorde, une lecture pour le moins sélective des textes sacrés par une partie des fidèles. Certains versets de la Bible, souvent sortis de leur contexte historique, sont régulièrement brandis comme un rejet catégorique des dreadlocks. « Les cheveux en désordre sont une honte pour l’homme et la femme » clament ainsi les adeptes les plus stricts du Lévitique.

Pourtant, cette ligne dure semble aller à l’encontre du message d’amour et d’acceptation universelle, pierre angulaire de l’enseignement du Christ. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », n’a-t-il cessé de répéter à ses disciples ? Un rappel salutaire que de nombreux chrétiens malgaches peinent visiblement à appliquer face à cette tradition capillaire.

 

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Au-delà des cheveux : L’enjeu de l’intégration culturelle

Mais au-delà des simples considérations capillaires, cette polémique autour des dreadlocks soulève des questionnements bien plus profonds sur l’intégration des cultures ancestrales au sein du christianisme malgache. Cette coiffure n’est pas qu’un simple ornement, elle incarne une véritable identité, un symbole puissant de résistance contre l’assimilation forcée prônée par certains.

Le rejet véhément des tresses par une frange des fidèles traduit en réalité le poids tenace des préjugés et des stéréotypes hérités d’un passé douloureux. Une persistance de l’intolérance qui fait tache, alors que l’Église devrait justement se faire le creuset d’un « troupeau multiculturel », célébrant avec bienveillance les différences dans un élan d’ouverture et de paix.

 

« Aimez-vous les uns les autres » : Un rappel salutaire adressé aux chrétiens malgaches

Face aux dérives potentiellement sectaires de ce rejet des dreadlocks, la voix de la raison se doit de rappeler l’essence même de la foi chrétienne. N’est-ce pas Jésus lui-même qui a proclamé avec force « Aimez-vous les uns les autres » comme l’alpha et l’oméga de son message ?

Loin des considérations purement esthétiques, c’est bien à une véritable célébration de la diversité humaine que nous invite le Christ. Celle d’un monde riche de ses différences, modelé par une multitude de cultures et de traditions toutes également précieuses aux yeux du Divin.

Il est donc grand temps pour les chrétiens malgaches de se défaire des carcans de l’intolérance pour embrasser pleinement cette universalité prônée par leurs préceptes fondateurs. Seul ce cheminement vers l’ouverture d’esprit pourra faire taire les soubresauts de la discorde.

 

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Dreadlocks ou cheveux lissés : Qu’importe, si le cœur est chrétien ?

Au final, le débat fait rage pour savoir si les fidèles aux dreadlocks peuvent réellement se revendiquer du christianisme. Une polémique d’un autre âge qui ferait presque oublier l’essentiel : ce n’est ni la coiffure, ni l’apparence qui définissent un véritable croyant, mais bien la pureté de son cœur et de ses actes.

Alors que les cheveux défient la pesanteur des années, seul l’Amour reste éternel. Une vérité immuable que feraient bien de méditer les esprits obtus encore prisonniers de leurs jugements. Devant l’Eternel, les tresses ondoyantes ou les cheveux lissés n’ont que peu d’importance, seule compte la beauté intérieure de chaque âme.

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