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Madagascar

Cri d’alarme de Justice et Paix Madagascar face à la corruption endémique

Dans la Grande Île en proie aux affres d’une crise multiforme, une voix vient de s’élever avec force pour sonner l’hallali. Celle de Justice et Paix Madagascar, qui a dressé un constat glaçant sur l’état de déliquescence avancé de la société. Entre corruption galopante, insécurité généralisée et pillage effréné des richesses nationales, la commission Justice et Paix de l’Église Catholique malgache n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les maux rongeurs de la Grande Ile. Un cri d’alarme d’autant plus retentissant qu’il émane d’une institution au poids moral considérable.

 

L’inventaire glaçant des dérives sociétales

Dans son réquisitoire, l’Église catholique a dressé un tableau pour le moins sombre de la situation à Madagascar. D’emblée, elle pointe du doigt l’insécurité devenue endémique sur l’île, avec une recrudescence alarmante des actes de délinquance et de criminalité. Viols sur mineurs, vols à répétition, trafics en tous genres… Mais aussi cette dérive morbide et choquante qu’est le vol d’ossements humains, désormais pratique courante.

Autre fléau dénoncé avec virulence, celui de l’immense précarité dans laquelle l’inflation galopante plonge des pans entiers de la population. Une situation de dénuement globale qu’aggravent encore les dérives de la corruption avec la dilapidation éhontée des ressources naturelles, joyaux de ce riche écrin insulaire.

 

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La corruption systémique, fléau national

Mais pour l’Église, le mal prend bien sa source dans les entrailles mêmes d’un système mafieux organisé qui a pris le contrôle de la nation. Véritable chancre de la société, la corruption y prospère en effet à tous les étages du pouvoir central comme déconcentré. D’ailleurs, il faut savoir que Madagascar est le 10e pays le plus corrompu au monde selon l’ONG américaine World Justice Project.

Rien n’est ainsi épargné par cette gangrène de la prévarication selon le sombre constat établi. Des caisses de l’État détournées à une échelle massive aux dérives mafieuses d’un système judiciaire aux ordres, en passant par le délabrement avancé de l’instruction publique, tout un pays semble s’enfoncer dans les affres de la décadence.

Le pouvoir n’échappe d’ailleurs pas aux critiques assassines de l’Église, qui déplore l’inertie des autorités face à cette descente aux enfers sociétale. Des manquements coupables qui achèvent de convaincre les prélats de la présence d’une omerta généralisée protégeant les plus hauts corrompus.

 

Des signaux d’espoir malgré tout

Pourtant, ce tableau pour le moins affligeant n’empêche pas la commission épiscopale de saluer quelques timides lueurs d’espoir au milieu de cette nuit noire. Des signaux positifs qu’elle s’empresse d’encourager avec bienveillance.

À commencer par les efforts entrepris par le gouvernement sur le terrain des infrastructures, avec le lancement de chantiers routiers et éducatifs destinés à désenclaver plusieurs régions reculées. Le volet sécuritaire n’est pas en reste, avec un plan de renforcement des moyens des forces de l’ordre et d’équipements dans les zones à risque.

Mais au-delà, l’Église appelle surtout la population à se saisir pleinement de l’opportunité démocratique des prochaines élections législatives. Un scrutin décisif qui doit permettre aux citoyens de faire entendre leur voix pour tourner enfin la page de ce système mafieux organisé.

Car c’est bien dans cette union sacrée et patriotique que réside la seule chance d’enrayer les effets dévastateurs de la corruption ambiante. En faisant taire les divisions stériles pour s’attaquer de front au pillage des richesses nationales.

 

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Une seule issue : Le sursaut moral et patriotique

Grave et implacable, la sentence des prélats malgaches ne laisse pourtant aucune place au défaitisme. Ce diagnostic sans concession se veut plutôt un appel à la mobilisation générale pour éradiquer ces fléaux destructeurs.

Un sursaut moral et patriotique indispensable pour sauver la Nation de l’abîme, en retrouvant les valeurs fondatrices d’intégrité, d’unité et de dévouement à la cause commune. Une renaissance salvatrice aux antipodes de cette décadence que l’Église dépeint comme le plus grand péril n’ayant jamais menacé Madagascar.

Un message puissant, qui ne pourra que résonner dans les esprits et les cœurs des Malgaches égarés.

 

📷 Francisco Ovies

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