Loft Story, Les Marseillais, Secret Story Africa… Autant de programmes réunissant des millions de téléspectateurs chaque semaine. Un véritable phénomène de société devenu incontournable, qui ne cesse d’essaimer à l’international. Le dernier épisode en date ? La participation du Malgache Bob Tobias à l’émission télé-poubelle panafricaine « Secret Story ». Une exposition qui a relancé la polémique : ce candidat en quête de buzz peut-il réellement se revendiquer comme un « représentant de Madagascar » ?

 

La vacuité des émissions de téléréalité

Au-delà de cette querelle d’étiquette, c’est bien la substance même de ces programmes qui doit être remise en cause. Car que trouve-t-on réellement derrière les paillettes de la téléréalité ? Un contenu d’une pauvreté affligeante, sans la moindre once de profondeur ou d’originalité. Qu’importe les décors de villas luxueuses ou les castings de beautés superficielles, le facteur de divertissement repose sur les mêmes scénarios : les conflits montés en épingle, les intrigues amoureuses mielleuses et les discussions de cours de récréation permanentes.

Une véritable régression pour l’esprit qui se complaît dans un sensationnalisme racoleur des plus bas instincts. Où le développement personnel et intellectuel, voire la simple curiosité d’esprit, brillent par leur absence crasse aussi bien pour les candidats que pour le public ?

 

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L’impact négatif sur les jeunes

Pire encore, ces émissions de téléréalité contribuent à façonner des modèles sociaux d’une dangereuse vacuité pour les jeunes générations. Sur ces plateaux de jeux de rôles permanents, ce sont en effet les postures les plus stéréotypées et malsaines qui sont systématiquement valorisées. Le narcissisme et l’obsession de l’image priment sur toute autre qualité, tandis que le culte de l’argent roi et du bling bling crève l’écran à chaque séquence.

Quant aux rapports de séduction clamés en boucle, ils se réduisent à une triste complainte de clichés sexistes, les candidates étant réduites à des outils de plaisir masculin, les prétendants à des prédateurs machos sans cervelle. Une véritable publicité désastreuse pour des jeunes en quête de repères qui finissent par intégrer ces codes dégradants comme norme à suivre.

Un corrosif concentré de toutes les antivaleurs les plus décadentes, voilà la pire réalité que véhiculent ces programmes dont il faut se débarrasser d’urgence.

 

Un miroir de voyeurisme

Au-delà de leur crétinisme affiché, l’un des ressorts les plus troublants de ces émissions de téléréalité réside dans le voyeurisme dégradant qu’elles instillent. Tout n’est que prétexte à satisfaire les pulsions scopiques les plus basses du public. On se gave de séquences filmées en caméras cachées, on traque le moindre dérapage sans pudeur des candidats, la moindre incartade intime.

Le scandale, le bad buzz font désormais office de combustible pour ces machines à fantasmes pervers. Les plus véhiculés des candidats étant ceux qui s’avachissent le plus crûment dans leurs déviances éhontées, quitte à frôler l’illégalité. Une véritable régression vers notre côté le plus grégaire et salace, où la bêtise la plus crue le dispute aux pires dérives morales.

 

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Un influenceur malgache dans Secret Story Africa

Dans ce misérabilisme gluant, difficile en effet de donner du crédit aux affirmations de certains créateurs de contenu malgaches. Affirmer que Bob Tobias, l’influenceur humoristique, est un « solotenan’i Madagasikara » ou représentant de Madagascar dans Secret Story Afrique n’est autre que de l’exagération. Un affront au bon sens.

À l’instar de ses comparses de jeu, il arbore bien plus les oripeaux du paon que ceux du fier représentant national. Ses actions vont davantage vers une quête d’exposition et de profits, loin de toute volonté de valorisation patriotique. Il importe de rappeler que son engagement dans cette télé-poubelle relève d’une démarche purement individuelle et spéculative, qu’il serait indécent de cautionner comme un soi-disant rayonnement malgache.

 

La téléréalité en voie de déshérence : réagir avant qu’il ne soit trop tard !

Il est donc urgent que les décideurs médiatiques et publicitaires réfléchissent aux contre-valeurs que certaines émissions de téléréalité diffusent. Au-delà des contingences commerciales de l’audimat, leurs responsabilités sont immenses pour replacer le débat public sur des bases plus saines et constructives.

À défaut, encourager sans retenue la critique avisée des publics reste le rempart le plus sûr. Les nouveaux vecteurs d’opinion que sont les créateurs de contenus en ligne se doivent de jouer ce rôle d’éveilleurs éclairés pour dénoncer les dérives et replacer l’éducation au cœur des préoccupations.

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